Anne Dubndidu : Le trail running comme moteur d’émancipation et de confiance
De l'étudiante non sportive à l'athlète accomplie, Anne Dubndidu a transformé la course à pied en un puissant levier de liberté et de santé mentale. Dans cet épisode de Queen of the Mountains, elle explore comment le trail permet aux femmes de briser leurs barrières intérieures et de se réapproprier l'espace public.
La réappropriation de l'espace public par le sport engagé
La pratique sportive a rapidement confronté Anne Dubndidu aux réalités du sexisme et du harcèlement de rue, faisant de chaque sortie un acte politique.
Elle souligne l'importance pour les femmes de s'imposer dans l'espace public, quelle que soit leur tenue ou l'heure de leur entraînement.
Selon elle, la sécurité en nature est souvent mal perçue : on est statistiquement plus sereine seule en forêt avec une frontale qu'en traversant certains quartiers urbains. Cette volonté de transmission vise à lever les obstacles sociétaux qui freinent encore trop souvent l'élan des sportives.
"Sans le sport, je n'aurais pas réussi à faire ça. Ça m'a ouvert des portes que je n'aurais même pas imaginé pouvoir pousser."
Lever les freins psychologiques et logistiques de l'ultra-trail
L'accès des femmes aux ultra-distances reste entravé par des barrières structurelles comme la gestion du temps, la culpabilité domestique et un sentiment d'imposture persistant.
Anne Dubndidu observe que les pratiquantes font preuve d'une grande rationalité face aux objectifs, attendant d'être pleinement prêtes avant de s'inscrire, contrairement à une approche masculine parfois plus instinctive.
Elle dénonce également le manque d'adaptation logistique de certaines organisations, notamment l'accès limité à l'eau et à des sanitaires adaptés pour les athlètes menstruées, ce qui constitue un frein réel à l'inclusion.
Santé durable et philosophie du "Mamie Body"
Engagée sur les questions de santé, Anne Dubndidu partage son expérience de l'endométriose pour encourager une pratique sportive adaptée aux cycles féminins.
Elle prône une nutrition positive, perçue comme une alliée de la performance plutôt que comme un outil de contrôle calorique ou esthétique.
Sa vision s'incarne dans le concept de "Mamie Body" : une approche durable visant à préserver son capital physique pour rester active et épanouie en montagne jusqu'à 70 ans, en privilégiant systématiquement le plaisir et la récupération sur la performance brute.
"Je préfère être dans la pratique plaisir... Je prépare mon mamie body et je sais que mes articulations ne peuvent pas supporter des ultras tous les ans."

