Jim Walmsley : "Une saison différente, paradoxale mais excitante"

Présent lors des Trail Running Awards, Jim Walmsley a été sacré Athlète de l’année 2025. Désormais installé à Arêches, le leader du team Hoka revient sur une année marquée par une blessure au genou mais sublimée par trois victoires majeures, dont l'or aux Mondiaux de trail long. De ses réflexions sur l'avenir de la discipline à son quotidien en France, l'Américain livre une analyse sans concession sur une saison contrastée.

De la blessure au genou à la quête de polyvalence

Pour Jim Walmsley, cette saison a été celle de la résilience.

Malgré un coup d'arrêt physique, il a su s'imposer sur le Chianti Ultra Trail face à un plateau royal composé de Kilian Jornet et Vincent Bouillard.

Pour lui, ce succès sur une course "lambda à la base" a pris une dimension épique.

Sa victoire aux Mondiaux de Canfranc a également été un pilier de son année, affirmant que depuis l'unification des formats à Chiang Mai en 2022, "tout le monde reconnaît cet événement comme de vrais championnats du monde".

S'il admet avoir ressenti un certain vide sans victoire à la Western States ou à l'UTMB, il savoure son triomphe sur l'OCC. Ce format court, marqué par une chute et des doutes face à l'Italien Cristian Minoggio, lui a offert une joie explosive : "Passer devant au tout dernier moment a généré beaucoup plus d'émotions" qu'en ultra, où la satisfaction est plus "profonde" que démonstrative.

"En ultra, il n’y a pas cette euphorie parce que tu as le temps d’analyser les situations. Faire une énorme célébration à l’arrivée de l’UTMB, ce serait jouer un rôle pour faire le show. Personnellement, une fois que c’est fini, c’est fini, je veux juste m’asseoir."

Un regard critique sur l'Index UTMB, les JO et l'influence des marques

L'Américain ne cache pas son scepticisme face à l'évolution institutionnelle du trail.

Malgré des scores records de 972 et 974, il juge que "ces chiffres sont peut-être un peu surévalués" et que l'index UTMB a été "beaucoup manipulé".

Il appelle à une plus grande transparence pour restaurer la confiance.

Cette exigence de pureté motive son opposition à l'entrée de l'ultra-trail aux Jeux Olympiques : pour lui, "l'esprit de l'ultra-trail, c'est la pureté des grands espaces". Il préfère voir la discipline se consolider via des épreuves mythiques comme la Hardrock 100 ou la Diagonale des Fous, même s'il note que la densité d'élite y est parfois moindre.

Walmsley aborde aussi la complexité de porter le maillot national.

Entre la polarisation politique et l'influence de sponsors comme Nike sur la fédération USA Track & Field, il revendique le droit de privilégier sa marque, Hoka, qui le soutient réellement au quotidien : "On n’est pas un sport olympique, on n’est pas gouvernés par World Athletics, on peut choisir".

Humble, il n'oublie pas ses pairs, citant Francesco Puppi, Caleb Olson, Tom Evans, Ben Dhiman ou le duo kenyan Kipngeno-Kiriago comme autant d'athlètes ayant marqué 2025.

"L’index UTMB a été beaucoup manipulé. Avec plus de transparence, si on comprenait mieux comment il fonctionnait, cela aiderait à construire plus de crédibilité et de confiance."

L'ancrage à Arêches et le refus de la professionnalisation à outrance

L'avenir de Walmsley s'écrit désormais sur les sentiers du Beaufortain.

Installé à Arêches, il soigne ses soucis persistants (genou et tendon d'Achille) par des injections de PRP et envisage un futur à long terme en France.

S'il n'exclut pas une demande de nationalité française à l'avenir, sa priorité est l'intégration culturelle. Côté méthode, il reste un "puriste" : pas de coach, pas de tapis de course, pas de staff pléthorique contrairement à des profils comme Ruth Croft ou Tom Evans.

"Je préfère juste prendre du plaisir à m’entraîner dehors", confie-t-il. Cette simplicité se reflète dans sa fidélité de dix ans envers Hoka, une marque qui ne lui met aucune pression médiatique. Malgré un moment de creux post-UTMB 2023, la motivation de courir au plus haut niveau sur les sommets de Chamonix et les canyons de Californie reste son unique moteur.

"Je serai encore chez Hoka un bon moment, je suis heureux avec cette marque. J’aime cette stabilité et la simplicité de notre relation. Ils ne me mettent pas de pression pour que je sois plus présent sur les réseaux sociaux ou sur d’autres projets."

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