Pourquoi France Outdoor lance “un plan pour un trail durable”
L’association France Outdoor, qui réunit aujourd’hui 150 organisateurs d’événements outdoor, notamment de trail (UTMB, Templiers, SaintéLyon, Marathon du Mont-Blanc, Ultra Marin…), a annoncé le 19 mai le lancement d’un plan d’action intitulé "Pour un trail durable", dont "l’objectif est de proposer un cadre de développement du trail running respectueux de tous les équilibres".
Interrogé sur les raisons de cette initiative, Gilbert Ysern, président de France Outdoor, répond : "Le trail running est dans une situation paradoxale, dans la mesure où d’un côté, c’est la discipline outdoor qui suit la croissance la plus spectaculaire en termes de dossards, et de l’autre, c’est de plus en plus difficile d’organiser les événements de par les oppositions de plus en plus fortes de la part d’entités, organismes et autorités, qui se préoccupent de la préservation de l’environnement."
Face à ces difficultés croissantes, ce plan d’action a créé un comité de pilotage, dont la mission est triple, selon Gilbert Ysern : "Il y a d’abord le volet scientifique. Aujourd’hui, face aux affirmations qu'on leur oppose sur la faune et la flore, les organisateurs manquent d’études précises pour y répondre. Ensuite, on a besoin de réfléchir sur la manière de rassurer les autorités par la mise en place de labels ou de certifications de qualité environnementale. Il y a enfin un enjeu de communication : face à ceux qui nous montrent du doigt comme des gens qui mettent en danger la biodiversité, on est souvent dans une communication défensive, il faut inverser cette tendance."
Membre de France Outdoor et de ce comité de pilotage, Odile Baudrier, co-organisatrice du Festival des Templiers, abonde : "On a un peu tendance à toujours regarder les aspects négatifs, moins ceux qui sont positifs, le trail est une pratique noble et c'est quand même vertueux d’inciter les gens à courir. Ce plan d’action doit mettre en avant ces points positifs, recenser les difficultés rencontrées par les organisateurs et les études d'impact, parce que j'entends beaucoup de contre-vérités sur l'impact des traileurs sur l'environnement. Par exemple, dans les Causses, on peut constater que quinze jours après le passage des coureurs, il n’y a plus de traces au sol, ça ne provoque pas de problème majeur."
Les sujets posés sur la table et les groupes de travail constitués, le comité de pilotage se donne, selon Gilbert Ysern, "jusqu'à la fin de l'année pour partager ses conclusions".

