Comment i-Run a racheté Trakks
En officialisant l'acquisition de son homologue belge Trakks, le leader français i-Run réalise une opération de croissance externe stratégique pour s'imposer sur le marché de la course à pied et de l'endurance au sein de la zone Benelux.
Trakks, l’un des principaux distributeurs belges de produits de trail et de running fondé en 2011, a annoncé le 8 juillet son rachat par i-Run, leader français dans ce secteur, avec 25 % de parts de marché.
Comment s’est conclue cette opération ? "L’idée a commencé à germer il y a quelques années, répond à Mile & Stone Christophe Thomas, fondateur de Trakks, qui compte six magasins (27 salariés après le rachat) en Belgique et affiche un chiffre d’affaires proche de 8 millions d’euros (dont 30-35 % dans le trail). Cela faisait un bout de temps que j'observais le marché français, je voyais bien qu’il devenait archi saturé et que s’il devait continuer à se déployer, ce serait au-delà de ses frontières."
Entretenant de bonnes relations avec i-Run – "On passe souvent du temps ensemble lorsqu’on va faire les achats chez certaines grandes marques" -, ce dernier s'est finalement décidé à faire le premier pas en août 2025 lors de l’UTMB : "Je me suis rapproché d'eux en leur disant : "Le jour où vous envisagez le marché belge ou le Benelux, ça peut m'intéresser d’en discuter". C'est un peu comme ça que ça a commencé, et même si nos deux sociétés ne sont pas comparables – ils font 100 millions de chiffre d’affaires, moi un petit 8 - on s'est vite rendu compte qu'on avait quand même beaucoup plus de points communs qu'on ne le pensait et on a très vite senti de part et d'autre une volonté de faire le deal. J'ai rencontré Emmanuel Vial, le président d'i-Run, tout début 2026, il est venu visiter tous nos magasins en Belgique, on a conclu le 29 juin."
Ce rachat veut-il dire que la marque Trakks va s’effacer derrière i-Run ? "A priori, nos six magasins resteront Trakks, parce que nos clients sont quand même attachés à leur enseigne, sans doute sous la forme Trakks by i-Run, mais la suite du développement du réseau sera directement sous la marque i-Run, c'est comme ça qu'on l'a imaginé aujourd'hui", répond Christophe Thomas. Dans cette opération, le fondateur, qui conserve une toute petite partie du capital pour deux ans, reste aux commandes de Trakks (avec son épouse Alexandra), avec pour objectif de développer le réseau i-Run sur le territoire du Benelux. "L’association avec i-Run va permettre une profondeur d'offre plus importante, mais là où ça va beaucoup jouer, c’est sur tout ce qui est activation et production de contenu, car même si on a passé la vitesse supérieure à ce niveau-là il y a un an, on n'a clairement pas la force de frappe d’i-Run", analyse Christophe Thomas.

