Coupure hivernale : Faut-il vraiment s’arrêter pour mieux repartir ?

Entre la fin de saison des trails et l’arrivée des fêtes, la question de la « coupure » divise les sportifs. Simple repos nécessaire ou frein à la performance ? Maé Gouëlleu, coach spécialisée en course à pied, nous livre ses clés pour transformer cette transition hivernale en véritable levier de progression.

Pourquoi le repos est-il un moteur de performance ?

La nuit tombe tôt, le froid s'installe, et les dernières compétitions d'octobre ou novembre touchent à leur fin.

Pour beaucoup de traileurs et de coureurs, c'est l'heure de la fameuse coupure hivernale. Mais loin d'être une simple pause calendaire, cette période est un outil stratégique qui doit s'adapter au contexte de vie et aux besoins de chaque athlète.

Contrairement aux idées reçues, la progression ne se joue pas uniquement lors de l'effort. « L'entraînement, c'est un stress », rappelle Maé Gouëlleu. Le corps crée de la fatigue pour pouvoir récupérer et ensuite progresser davantage.

La coupure permet une régénération complète :

  • Sur le plan physiologique : Elle permet de reconstituer les stocks de glycogène et d'équilibrer les systèmes hormonaux et métaboliques.

  • Sur le plan mental : Elle allège la charge mentale et le stress, que le corps ne différencie pas entre sport et travail.

  • Sur le plan préventif : Elle est cruciale après une grosse période de charge pour éviter les blessures et l'épuisement.

Faut-il opter pour l'arrêt total ou l'activité de décharge ?

Si l'arrêt peut être bénéfique après un ultra-trail ou un marathon, Maé Gouëlleu se montre nuancée : elle n'est pas partisane d'une coupure totale de l'activité physique sur de longues périodes.

« On peut avoir des activités de décharge qui vont être bien plus bénéfiques que l'arrêt total », explique-t-elle.

L'idée est de privilégier des activités non spécifiques pour maintenir le mouvement sans les traumatismes de la course :

  • Les sports portés : Le vélo, la natation ou le ski de fond pour conserver les capacités aérobies sans impacts.

  • Le renforcement : Profiter de la "off season" pour traiter des déséquilibres musculaires ou des tensions accumulées.

  • Le plaisir ludique : S'adonner à des sports collectifs (foot, volley) ou à des pratiques plus douces comme le Pilates et le yoga.

Apprendre à lâcher prise (sans culpabiliser)

La période des fêtes est souvent source de culpabilité pour les athlètes, tiraillés entre les repas de famille et l'hygiène de vie.

Pourtant, la souplesse mentale est une force. Maé Gouëlleu insiste sur l'importance de "l'élasticité" dans son mode de vie.

Un point d'honneur est mis sur la relation entre sport et alimentation : on ne doit pas courir pour "éliminer la bûche". Ces comportements compensatoires sont des portes ouvertes aux troubles du comportement alimentaire (TCA).

L'objectif est de maintenir une activité pour le bien-être, sans transformer le plaisir du repas en une dette à rembourser par l'effort.

La règle d’or : Une reprise progressive

Le piège classique est de vouloir revenir à ses niveaux de forme dès la première séance de reprise. Une reprise réussie doit être planifiée de façon progressive, souvent sur plusieurs semaines, en réintroduisant doucement le volume et l'intensité.

Le conseil de la coach : Durant cette phase, délaissez les allures cibles au profit du ressenti. C’est le moment idéal pour se reconnecter au plaisir de courir et à ses sensations plutôt qu’aux données de sa montre.

Une bonne coupure hivernale se définit par le principe "Less is more". En écoutant les signaux de fatigue (sommeil perturbé, perte de motivation ou stress) vous saurez quand ralentir pour mieux performer lors de la saison suivante.


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