Kilian Jornet et son empreinte carbone : entre transparence et autocritique

Kilian Jornet fait l'actualité en ce début d'année 2026. Après avoir officialisé son partenariat avec Julbo et publié une tribune sur l’état du trail, la star de 38 ans a franchi une nouvelle étape dans l'engagement : la publication de son empreinte carbone 2025. Un exercice de transparence rare qui mêle analyse de données et autocritique sincère.

Photo ©Nick Danielson

« Je fais partie du problème. Mon mode de vie d’athlète n’est pas durable. J’essaie de faire mieux, mais je suis loin d’être parfait »
— Kilian Jornet

Le bilan 2025 : L'impact des compétitions internationales

Après cinq années de rigueur et d'austérité carbone, le Catalan installé en Norvège affiche un bilan en hausse, dépassant les 10 tonnes d’équivalent CO2 sur l'année 2025.

Le principal facteur de cette augmentation réside dans ses déplacements transatlantiques :

  • Juin 2025 : Voyage aux États-Unis pour la Western States (où il termine 3e).

  • Septembre/Octobre 2025 : Expédition pour son projet States of Elevation.

Face à ce constat, Kilian Jornet ne cherche pas d'excuses mais explique ses choix : "J’aurais pu rester sur place entre les deux voyages, mais cela aurait signifié être éloigné beaucoup plus longtemps de ma famille ; j’ai donc choisi de faire un compromis".

Un mode de vie sobre face aux déplacements aériens

Malgré ces vols longue distance, l'athlète conserve un style de vie quotidien extrêmement dépouillé. Sa stratégie de réduction repose sur plusieurs piliers concrets :

  • Alimentation : Régime strictement végétarien.

  • Équipement : Usage de vêtements de seconde main.

  • Mobilité : Utilisation de voitures électriques d’occasion.

  • Économie : Investissements financiers raisonnés et éthiques.

L'œil de l'expert : L'analyse d'Andy Symonds

Pour Mile & Stone, le traileur britannique Andy Symonds, lui aussi très engagé pour la cause environnementale, tempère cet enthousiasme :

"Je trouve sa démarche très intéressante, la clé étant la transparence et il est exemplaire sur ce point. Dans un monde idéal, tous les athlètes et toutes les organisations devraient faire la même chose."

Cependant, Symonds pointe du doigt l'incohérence entre les ambitions climatiques et le calendrier sportif : « En revanche, il est clairement moins exemplaire avec ces voyages aux USA qui sont incompatibles avec la trajectoire qu’il vise et un objectif à 2 tonnes par an. »

Vers une saison 2026 placée sous le signe de la sobriété

Conscient de ces limites, Kilian Jornet annonce un virage stratégique pour 2026. Son programme sera plus sobre, privilégiant la proximité et la préservation des écosystèmes.

  1. Recentrage sportif : Moins de projets de longue durée, plus de focus sur les courses.

  2. Responsabilité numérique : Un usage des réseaux sociaux plus attentif.

  3. Protection des spots : "Je serai aussi plus attentif à mon usage des réseaux sociaux, en évitant de partager des itinéraires ou des photos de zones qui pourraient devenir fragiles en cas de surfréquentation."

Cette démarche pose une question fondamentale à toute la communauté : le modèle de l'athlète professionnel est-il compatible avec l'urgence climatique ?

Précédent
Précédent

Comment Hoka et Alltricks ont décidé de lancer leur team trail

Suivant
Suivant

Hoka Speedgoat 7 : Le retour de la G.O.A.T. du trail running ?