UTMB : Isabelle Viseux Poletti répond aux critiques du maire de Chamonix

L'UTMB Chamonix au cœur des débats : après les critiques virulentes du nouveau maire François-Xavier Lanfin dénonçant la surfréquentation et la dégradation de la qualité de vie locale, Isabelle Viseux Poletti, directrice de l'UTMB, répond en exclusivité pour Mile & Stone.

© UTMB

Dans une interview accordée début juillet à L’Équipe, le nouveau maire (sans étiquette) de Chamonix, François-Xavier Lanfin, a mené une charge assez virulente contre l’UTMB. S’il a d’abord évoqué "un événement remarquable, typiquement chamoniard, qui rend les gens heureux", il a ensuite ajouté : "Une grande majorité des Chamoniards honnissent cet événement parce qu'ils ne peuvent plus aller travailler, plus dormir avec les arrivées à n'importe quelle heure de la nuit, qui peuvent être échelonnées sur 20 heures pour une même course, ils se sentent finalement exclus de chez eux, dépossédés de leur ville." Avant d’appeler à une série de mesures destinées à lutter contre la surfréquentation et à protéger les espaces naturels.

Invitée par Mile & Stone à réagir à cette interview, Isabelle Viseux Poletti, directrice de l’événement nous a répondu : "Sur le fond, il n'y a pas de nouveautés, ce sont des sujets sur lesquels on travaille depuis de longues années et font l'objet d'un certain nombre de réunions avec la mairie. Sur la forme, je dirais que ce n'est pas dans nos valeurs de régler nos sujets dans la presse, la méthode nous a un peu surpris."
 
Interrogée sur les différentes propositions du maire, elle répond point par point. La réduction du salon des marques ? "On a une discussion sur le sujet depuis avril, il y a effectivement une petite zone que l'on ne va pas occuper cette année, mais ce n'est pas un changement radical." La désaffection des Chamoniards pour l’épreuve ? "Il y a des gens sont dans le rejet et la critique, c’était déjà le cas il y a dix ans, mais aussi beaucoup qui sont très heureux. Après l'article, nous avons eu beaucoup de témoignages de Chamoniards qui ne se retrouvent pas dans ces propos, notamment de certains socio-professionnels." Les mesures pour faire venir moins de monde, notamment un système de roulement ou de limitation ? "Nous sommes sur la voie publique, donc nous n'avons pas le pouvoir d'interdire. Par contre, nous essayons de sensibiliser, de faire comprendre qu’il est possible de suivre les épreuves sans forcément venir, via nos lives en particulier, et on va continuer."
 
La réduction des courses, notamment nocturnes ? "Il n’y a pas eu de nouvelle course dans la vallée de Chamonix depuis 2016 et la création de la MCC. Pour les courses nocturnes, on est sur des formats ultra, qui, par essence, se courent aussi de nuit. Mais la question n’est pas de courir de nuit ou pas, c'est de savoir à quel endroit il y a un dérangement objectif et réel ; en fonction, on fera les aménagements nécessaires, mais encore une fois, tout ça ne passe pas des vérités absolues." Les deux parties se sont-elles parlé depuis l’interview du maire ? "Ça ne saurait tarder, mais pas encore", répond la directrice de l’UTMB.

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