« J’ai cru mourir » : Les confidences sans filtre de Mathieu Blanchard sur son expérience en mer

Il est l'une des figures de proue de l'ultra-trail mondial, un athlète dont la résilience sur les terrains les plus exigeants de la planète n'est plus à prouver. Pourtant, c’est avec le sel encore sur la peau que Mathieu Blanchard s'est confié au micro du podcast Into the Wind pour livrer une synthèse sans filtre de son actualité. Entre deux blocs d’entraînement intensifs, il revient sur sa métamorphose brutale lors de la Transat Café L’Or. Dans cet entretien, il déconstruit son image de coureur des cimes pour révéler la mécanique de sa performance : un mélange de curiosité insatiable, de souffrance acceptée et d’un besoin viscéral d’aventure qu'il qualifie lui-même d' « intégrative ».

Quitter la terre ferme : le besoin viscéral de se confronter aux éléments

Derrière le spécialiste des longues distances se cache un enfant de l’océan, un héritage qui a forgé son approche de l'effort bien avant ses premiers dossards.

Fils d'un passionné de plongée, Mathieu Blanchard confie avoir « respiré dans un détendeur avant même de marcher », apprivoisant l'immersion avant même de maîtriser la foulée.

C'est cet atavisme qui l'a naturellement poussé vers la Transat Café L’Or (anciennement Transat Jacques Vabre), une course à la voile mythique reliant la France à la Martinique, où les duos s'affrontent sur des machines de haute technologie redoutables et inconfortables.

Loin d'être un simple coup de tête, sa participation aux côtés de Conrad Colman répondait à un besoin de se confronter à l'inconnu et de retrouver cette sensation originelle de connexion avec les éléments.

Pour lui, le trail et la voile se rejoignent dans cette gestion du temps long où l'homme doit composer avec un environnement qui le dépasse.

« Tout ça c'est ma personnalité et ce qui chapeaute le tout, c'est un état d'esprit. »

Photo : Adrien Cordier

dompter l'Imoca et redevenir néophyte face à la complexité du large

S'installer à bord d'un voilier de course ne s'improvise pas, même quand on possède l'un des meilleurs moteurs physiologiques du circuit.

Mathieu a dû se confronter à une rigueur technique absolue, apprenant à manipuler une machine complexe avec la même précision qu'il gère son allure en course.

Il décrit sans détour cet univers où le confort n'existe pas et où chaque réglage demande une lucidité constante, malgré des moments où il s'est senti physiquement terrassé face au mal de mer.

Du "piano" et ses dizaines de cordages qu'il a fallu mémoriser jusqu'à la gestion des manœuvres physiques sur la colonne de winch, l'expérience fut une leçon d'humilité. Il rappelle qu'il était là aussi pour le challenge, acceptant de redevenir un néophyte pour mieux grandir.

“C'était affreux d'avoir le mal de mer, c'est à dire de ne plus avoir de force pour se tenir debout, ni dans la force dans ses bras et de devoir en même temps faire des manœuvres parce que c'était la survie. Si je le faisais pas le bateau, il se retournait, on coulait, c'était fini. Ca a été vraiment une période très difficile pour moi, au point de me dire, si ça continue comme ça, je vais mourir.”

L’aventure intégrative : au-delà des silos sportifs

Le récit de Mathieu Blanchard est celui d'un sportif qui refuse les étiquettes fermées, préférant vivre l'instant présent et s'écouter.

Il évoque ses moments de vulnérabilité quand les conditions extrêmes ont poussé son mental dans ses derniers retranchements, utilisant ses ressources d'ultra-traileur pour ne pas céder.

Cette parenthèse maritime a agi comme un puissant catalyseur, lui offrant une nouvelle perspective sur la gestion de l'effort pour ses prochaines échéances en course à pied.

Il en ressort avec une vision enrichie, prêt à retrouver les sentiers avec l'humilité de celui qui sait que, face à la nature, l'apprentissage est permanent.

Pour Mathieu, la performance n'est qu'un volet d'une quête beaucoup plus vaste.

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