Golden Trail World Series 2026 : Le calendrier et les nouveaux enjeux du circuit mondial

Le calendrier 2026 des Golden Trail World Series (GTWS), dévoilé le 6 février, confirme une mutation profonde. Sous l'impulsion de Warner Bros. Discovery (WBD), le circuit de trail court promu par Salomon accélère sa mondialisation, renforce ses ambitions télévisuelles et dessine les contours d'un futur olympique. Mile & Stone analyse les forces en présence et les bouleversements de cette nouvelle saison.

© Martin Decroux/Rising Story

Un calendrier 2026 bouleversé : Entre adieux stratégiques et nouveaux horizons

Après une saison 1 prometteuse sous l'ère WBD, l'attente fut longue pour les suiveurs du circuit.

Initialement prévu pour décembre, le calendrier n'a été révélé qu'en février, entraînant un report du lancement officiel.

Alors que l'édition 2025 débutait mi-avril, le cru 2026 s'élancera le 17 mai lors de l'emblématique Zegama-Aizkorri.

Ce retard cache un remaniement majeur : quatre épreuves sortent du programme (Kobe, Il Golfo dell'Isola, Broken Arrow et Ledro Sky Trentino), remplacées par trois nouvelles étapes stratégiques : le Québec Méga Trail au Canada, le Myoko Trail au Japon, et une finale inédite au Muju Trail en Corée du Sud.

Le cas de la Broken Arrow Skyrace illustre les tensions du marché : l'épreuve californienne est passée sous pavillon ACG (Nike). "On l’a su au dernier moment", regrette Grégory Vollet, directeur du circuit, qui a dû improviser des alternatives.

L'ambition est désormais claire : sanctuariser quatre courses « historiques » (dont Sierre-Zinal et Zegama) et faire tourner les autres étapes pour explorer de nouveaux territoires.

Concernant la France, absente depuis la rupture avec le Marathon du Mont-Blanc fin 2024, Grégory Vollet promet un retour en 2027, possiblement via une épreuve créée ex nihilo avec l'appui de collectivités locales.

La machine de guerre WBD : Audiences records et professionnalisation financière

Le partenariat avec Warner Bros. Discovery transforme le trail en produit de consommation globale.

Avec 40 heures de direct ayant réuni 17,8 millions de téléspectateurs (+65 % vs 2024) et 90 millions de vidéos vues sur les réseaux sociaux, les indicateurs sont au vert.

Si WBD assure la production et la diffusion dans 90 pays, la logistique est confiée aux agences françaises RnK et BR.

Cette montée en puissance médiatique séduit les organisateurs historiques comme Valentin Genoud (Sierre-Zinal), qui salue un passage du streaming à la télévision publique (RTS en Suisse).

Pour asseoir cette domination face à l'UTMB, les GTWS frappent fort sur le plan financier : le prize money global bondit de 45 % pour atteindre 435 000 euros. Une victoire au général rapportera désormais 30 000 euros.

Pour dynamiser le format TV (2 à 3 heures), de nouveaux classements font leur apparition en 2026 : un classement par équipes ainsi que des titres de meilleur grimpeur, sprinteur et descendeur.

Si les tenants du titre Elhouzine Elazzaoui et Madalina Florea ont confirmé leur présence, Grégory Vollet promet un plateau encore plus relevé, malgré la “concurrence” des cotations ITRA ou UTMB qui, selon l'athlète Pierre Galbourdin, banalisent parfois les performances sur format court auprès du grand public.

Le laboratoire du trail olympique : Formats "en fleur" et controverses éthiques

Les GTWS se positionnent comme un terrain d'expérimentation pour le CIO.

Grégory Vollet défend ardemment les parcours "en fleur" (boucles multiples autour d'une fan zone), testés avec succès en Italie et au Japon. Ce format est jugé idéal pour l'immersion des spectateurs et la diffusion 4K, condition sine qua non pour une future intégration olympique.

"J'ai reçu un vent de critiques de tous ceux qui ne sont pas venus, j'aimerais qu'ils testent d'abord", martèle-t-il, tout en restant prudent sur l'apport réel des JO face aux contraintes techniques et à l'exemple du ski-alpinisme.

Cependant, cette expansion internationale soulève des questions éthiques et sportives.

Laurent Ardito (Team Asics) s'interroge sur la pertinence de deux tournées asiatiques en un mois, craignant des reproches sur l'impact carbone.

De son côté, Pierre Galbourdin souligne un effet pervers : certains coureurs choisissent des étapes lointaines (Mexique, Chine) où la densité de l'élite est moindre pour maximiser leurs points au général.

Malgré ces débats, l'Asie reste une priorité absolue pour les marques, la Chine étant identifiée comme le marché où le trail progresse le plus rapidement au monde.

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