Ultra Trail Montmartre 2026 : l'édition 100 % féminine du défi fou de Casquette Verte
222 marches, 11 650 mètres de dénivelé positif et un peloton ultra-sélectif de 20 coureuses : né d'un défi convivial entre amis, l'Ultra Trail Montmartre (UTMM) orchestré par Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, signe un tournant majeur. Pour son édition 2026, l'événement le plus radical du trail urbain parisien fait le pari d'une ligne de départ 100 % féminine. Découvrez les coulisses d'une aventure sportive hors norme au cœur de la capitale.
© Casquette Verte
Lancé en 2017, l’Ultra Trail Montmartre accueille tous les ans 20 participants sur un parcours très simple puisqu’il consiste à monter et descendre les 222 marches de la rue Foyatier, qui longe le funiculaire de Montmartre.
"C'est un challenge à la con qui a démarré autour de quelques pintes avec des potes, raconte Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, à l’initiative de l’UTMM. Un des mecs avec qui j'étais venait de faire 10 000 m de dénivelé en montagne, je trouvais ça complètement fou. Le trail n'existait à l’époque pas à Paris ou très peu, on s'est dit : "Ça serait marrant de faire 10 000 m intra-muros." On a étudié un peu la topographie de Paris et on s'est rendu compte que le mieux, c'était de le faire le long du funiculaire."
Le défi ? Faire 271 aller-retours pour un total d'environ 80 km et, finalement, de 11 650 m de D+ (et donc de D-) - "on avait oublié de compter deux rangées de l'escalier". La première édition en 2017, organisée deux jours après Noël, "parce qu'on voulait faire un truc un peu rude, mais aussi à une époque touristique pour créer de l’ambiance", réunit 20 participants, un seul va au bout, Guillaume Arthus, alors âgé de 27 ans, en 25 heures et 12 minutes.
Deux autres éditions suivront, avant une interruption due au Covid, qui durera finalement plus longtemps que prévu. "On n'a recommencé qu'en 2024, et comme entre-temps, le phénomène Casquette Verte avait pris de l’ampleur, on a reçu 1 400 demandes de participation pour 20 places. J'avais tenté de ne pas faire trop de communication, mais on a eu 700 personnes dans l'escalier, c'était génial, un peu notre Woodstock à nous", se souvient Alexandre Boucheix.
Qui a décidé pour l'UTMM 2026 de ne sélectionner que des femmes. "Ça faisait un ou deux ans que ça me trottait dans la tête, je me suis rendu compte que sur l’ensemble des participants depuis la première, en 2017, il n’y avait eu que 4 filles. Plus généralement dans le monde de l'ultra, la participation féminine se situe entre 10 et 15 %, c'est l'occasion de rééqulibrer un peu les choses." Et de booster la communication autour de l’UTMM ? "On n’a pas besoin d'avoir de publicité particulière, mais je trouvais bien d'offrir cette année l’espace d'expression qu’est l’UTMM à la gent féminine, on veut montrer qu’elles sont tout autant capables que les mecs, c'est souvent par la radicalité que tu peux faire passer des messages."
Les 20 coureuses ont été choisies, seules à connaître la date de l’UTMM 2026 qu’Alexandre Boucheix garde volontairement secrète. "Si je l'annonce trop en avance, ça risque d’être incontrôlable, avec le risque de se faire interdire sur place, justifie-t-il. Ça reste aujourd’hui un événement non officiel, mais peut-être que ça le deviendra. On a demandé des autorisations, on a obtenu celle de la mairie du 18e, on n’a en revanche pas encore reçu de réponse de la préfecture, qui n’a pas eu le temps de traiter le dossier." Pour être "finisher" de l'UTMM, il faut battre le record absolu, de 16h10, œuvre du Suisse Christophe Nonorgue en 2019 ; pour être simple "nisher" passer sous la barre du premier temps de référence, soit 25h12, le défi des 20 participantes de l'UTMM cette année.

