Kinetik, la petite marque bretonne qui monte
Nouveau partenaire titre du mythique Ultra Marin, la marque bretonne Kinetik s’impose comme l’un des phénomènes les plus singuliers du trail running français. Portée par une trajectoire sans investisseurs extérieurs et une croissance spectaculaire de son chiffre d’affaires, la structure costarmoricaine bouscule les standards de l’outdoor avec un modèle économique singulier et une vision sans concession.
Evénément phare du trail en Bretagne (environ 10 000 coureurs), l’Ultra Marin a officialisé le vendredi 16 octobre un partenariat titre avec Kinetik, une course de plus au portefeuille de cette entreprise bretonne lancée en 2008 par Jean-Marie Loirat. Passionné de voile - il a couru la Route du Rhum en 2018 sur un monocoque de 12 mètres -, ce dernier a un solide parcours dans l’univers du sport, puisqu’il a par le passé travaillé pour de nombreux équipementiers, dans le running, le vélo ou le triathlon, maîtrisant toute la chaîne de production, de la conception à la distribution en passant par la fabrication.
"A un moment, j'ai voulu faire ça pour mon compte et j'ai créé Kinetik, avec la volonté d'être indépendant, c'est quelque chose de fondamental dans notre développement, confie-t-il à Mile & Stone. L'inconvénient, c’est que quand tu ne fais pas appel à des investisseurs, tu fais tout d'une manière progressive, tu ne peux te permettre que ce que tu peux payer, mais le gros avantage, c’est que tu restes toujours maître de tes choix et de tes stratégies." La méthode a visiblement du bon : l’entreprise basée à Tréveneuc, près de Saint-Brieuc, qui s’est peu à peu recentrée sur le trail et le running, et fait tout ce qui est équipement, "sauf les chaussures, parce que c'est utopique de penser qu'il y a de la place pour des gens de notre taille", est passée en sortie de Covid d’un chiffre d’affaires d’environ 1 million d’euros à près de 10 millions aujourd’hui. Avec des produits phares comme les sacs d’hydratation, vendus à environ 20 000 exemplaires par an.
Comment a-t-elle réussi à croître si vite ? "En développant un côté différenciant, tant dans les prix que dans les matériaux ou le positionnement, répond Jean-Marie Loirat, on est notamment très forts dans la personnalisation de nos produits, pour des clubs, associations ou comités d’entreprise. On mise aussi beaucoup sur la diversification : dès qu’un produit ou un marché s'essouffle, on va le remplacer par quelque chose d’autre. Et on vend exclusivement en ligne." Pour se faire connaître, Kinetik s’associe aussi à 85 événements en France "à qui on essaie de délivrer des produits dérivés de qualité irréprochable pour toucher une clientèle qualifiée", poursuit le dirigeant.
En Bretagne, comme le Trail du Glazig, le Trail du Bout du Monde, et donc l’Ultra Marin, dont l’équipementier devient partenaire titre, mais pas seulement : "On est petit à petit sortis du Grand Ouest, en accompagnant par exemple l’Euskal Trail ou l’Infernal Trail des Vosges, on vient aussi de signer un accord avec le Béziers Urban Trail, le Nîmes Urban Trail et la Veni Vici (tous les trois organisés par Yes We Run)." Si la marque bretonne vend 95 % de ses produits en France, l’ambition est de croître dans le reste de l’Europe, mais également dans d’autres disciplines : "On a dans les tuyaux une gamme vélo qui devrait arriver fin d'année, c’est le début d'une grosse diversification", annonce Jean-Marie Loirat.

